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TRAHISON 2017-04-15T16:58:23+00:00

TRAHISON

(1998)

Mes chorégraphies ne sont pas ce qu’on pourrait appeler de la danse d’émotion.

Elles ne sont en aucun cas hystériques ou exacerbées.

Elles ne sont pas non plus géométriques.

C’est un équilibre entre tous ces éléments.

II m’est urgent de chorégraphier pour apporter à ceux qui vivent la danse avec moi, puis aux autres à travers nous, les moyens de goûter à l’humanisme, à l’intelligence sans mots, que proposent les danseurs.

Si les corps se font violence, ce n’est que pour engendrer l’amour et pour vivre la douceur.

La douceur, qui risque de devenir la plus grande provocation de notre fin de siècle.

Je ne me pose pas la question de savoir pourquoi je chorégraphie. Je le fais c’est tout.

Philippe Tréhet

DISTRIBUTION

(2006)

Chorégraphie : Philippe Trehet

Musique : Jean-Jacques Schmidely

Création lumière : Philippe Frebourg

Création décor : Ollivier Leboucher

Création costumes : Catherine Garnier

Vidéo : Grégory Desforges

Danseurs : Yoona Crals, Dorian Cretey, Sergio Cruz, Nadia Debuf, Suzanne Holden, Patrice Leroy, David Rodrigo Balsalobre, Cristine Vivier

Durée : 55 minutes

Lieu : Biarritz Festival Le Temps d’Aimer

TEASER

PHOTOS

REVUE DE PRESSE

Gérard Mannoni

« La Cage » est une création mondiale, un solo dansé par Philippe Tréhet lui-même. Trop pris par la direction de sa compagnie et par les commandes à réaliser ailleurs, Tréhet avait décidé d’abandonner la danse voici deux ans. Un compte mal réglé tout de même, avec une sorte de frustration latente, assez pour lui suggérer de se libérer dans cette pièce, une sorte d’arrêt sur image de son état psychologique actuel face à sa vie d’interprète: « J’avais besoin d’une recherche très personnelle, très subjective, sans devoir songer à transmettre à d’autres » explique Philippe Tréhet. « Trahison » est toute aussi autobiographique. Créée en 1998, cette pièce fut générée par une série de déceptions professionnelles et épreuves personnelles vécues par Philippe Tréhet cette année-là. Difficultés avec les tutelles, disparitions, maladies, accidents d’êtres proches et chers : « Je me suis senti trahi de partout, par la vie, par l’amour. »Trahison » est né de cette colère ». Mais ce n’est pas sur les aspects anecdotiques de cette crise que s’est arrêté le chorégraphe. Frappé par le handicap atteignant un ami, c’est vers le problème de la motricité qu’il s’est penché: « Si une partie du corps ne réagit plus ou imposè un mouvement particulier, comment le corps va t-il se comporter? Comment un mouvement différent naîtra-t-il? ». II en résulte une chorégraphie très dynamique, riche d’énergie assez brute, et qui se veut « porteuse de lumière ».

Gérard Mannoni

« La Cage » est une création mondiale, un solo dansé par Philippe Tréhet lui-même. Trop pris par la direction de sa compagnie et par les commandes à réaliser ailleurs, Tréhet avait décidé d’abandonner la danse voici deux ans. Un compte mal réglé tout de même, avec une sorte de frustration latente, assez pour lui suggérer de se libérer dans cette pièce, une sorte d’arrêt sur image de son état psychologique actuel face à sa vie d’interprète: « J’avais besoin d’une recherche très personnelle, très subjective, sans devoir songer à transmettre à d’autres » explique Philippe Tréhet. « Trahison » est toute aussi autobiographique. Créée en 1998, cette pièce fut générée par une série de déceptions professionnelles et épreuves personnelles vécues par Philippe Tréhet cette année-là. Difficultés avec les tutelles, disparitions, maladies, accidents d’êtres proches et chers : « Je me suis senti trahi de partout, par la vie, par l’amour. »Trahison » est né de cette colère ». Mais ce n’est pas sur les aspects anecdotiques de cette crise que s’est arrêté le chorégraphe. Frappé par le handicap atteignant un ami, c’est vers le problème de la motricité qu’il s’est penché: « Si une partie du corps ne réagit plus ou imposè un mouvement particulier, comment le corps va t-il se comporter? Comment un mouvement différent naîtra-t-il? ». II en résulte une chorégraphie très dynamique, riche d’énergie assez brute, et qui se veut « porteuse de lumière ».

Jean-Marie Gourreau

D’où tient-il cette force ? Cette puissance qui bouleverse dès les premières minutes chacun de ses spectacles. Dès 1988 en effet, il remporte les premiers prix des concours où il se présente, entre autres le Prix Spécial du Jury du Concours International de Danse de Paris en 1989, le Premier Prix du Concours International de Groningen l’année suivante et en 1993 celui de Tokyo. Chaque nouvelle création provoque un choc. Peut-être parce qu’il y décrit les tourments de l’âme humaine, peut-être parce que la mort est quasiment toujours présente dans ses oeuvres.

« La Cage » et « Trahison » n’échappent pas à la règle. La première de ces deux pièces, une création, est un solo autobiographique, prélude à la seconde. Le rideau s’ouvre sur un homme environné de traits d’acier enchevêtrés, qui semblent vouloir, au moindre faux pas, fondre sur lui comme mus par une machine infernale. Cela évoque bien sûr le buisson ardent cher aux romantiques que le Prince devra franchir pour réveiller sa Belle, mais aussi tous les dangers qui guettent l’homme seul face à son destin, qui parsèment son chemin. Ce n’est qu’en surmontant sa peur et en acquérant les réflexes qui sauvent, qu’il parviendra à s’en sortir et à survivre. Aussi nest-on pas étonné d’assister à une danse tourmentée, course désespérée contre la mort, .émaillée d’intermèdes plus calmes qui lui permettront suite à une démarche cognitive de forcer le destin. La gestuelle est violente et puissante, heurtée mais belle car directe et juste, sans fioriture ni détours.

Créée en novembre 1998 au Havre, « Trahison » qui lui succède est dune facture identique. Construite pour huit danseurs l’oeuvre se résume finalement à un pas de deux qui exacerbe les sentiments, animant les deux exécutants, Yoona Crals et Patrice Leroy, tandis que les six autres danseurs ne sont là que comme leitmotiv, comme toile de fond, démultipliant la puissance de ce duo d’une force déjà incommensurable. Si la danse paraît vive, violente, heurtée, hantée par l’image de la mort, ce n’est que pour mieux mettre en avant la tendresse qui sort par tous les pores de la peau, la force de l’amour qui les anime. La chorégraphie, sensuelle et originale, est parfois bestiale, jusqu’au boutiste, proche des arts martiaux mais aussi empreinte de générosité et de bonté, laissant toutefois un arrière-goût de désespoir. L’oeuvre se termine par l’image de la mort qui viendra par trois fois s’abattre sur le couple endormi dans son bonheur.

Bernard Perrot

C’est cette lente évolution, cette remontée des ténèbres vers la lumière, du désespoir le plus profond vers la joie de vivre retrouvée, qu’expriment les danseurs par leur gestuelle …Sur la musique répétitive et lancinante de Jean-Jacques Schmidely, les membres des danseurs se tordent de douleur, les interprètes simulant tout à tour la perte de l’usage d’un bras, puis d’une jambe, scènes empreintes d’une souffrance contenue et d’une violence presque insoutenable, mais retrouvant bientôt la joie du mouvement et le plaisir de danser, seul ou en couple, dans des corps à corps effrénés qui expriment le triomphe de la beauté et de l’amour partagé, de la vie sur la mort …

François Hauguel

Le travail de la compagnie est parfaitement abouti, musique lancinante et hallucinatoire, lumière soigneusement mise en place rendant les corps à la fois difformes et majestueux. L’interprétation est profondément touchante…

René Sirvin

Sur de sombres vombrissements entrecoupés de musiques répétitives et d’échos latinoaméricains, le chorégraphe havrais démontre un remarquable sens de l’image et de la lumière, et compose de superbes frises en clair-obscur. La compagnie se compose de quatre garçons et de quatre filles aussi énergiques qu’élastiques. L’écriture est statique ou véhémente, parfois désespérée. Les ensembles sont réglés avec un sens parfait de l’esthétisme et de l’équilibre…

Agnes Izrine

Solo autobiographique, « La Cage » est en quelque sorte la coda de « Trahison », même si ce solo est donné en introduction. Mouvements très coulés aux transitions imperceptibles

Philippe Tréhet donne là une impressionnante démonstration de ses qualités de danseurchorégraphe. Sans transition, huit danseurs, isolés, exposés crûment au regard du public, cernés par des halos de lumière dans un décor de métal plutôt froid, semblent se débattre, aux prises avec leur propre volonté. Comment faire coïncider vouloir et pouvoir sans… trahir ou se trahir ? Les gestes pour le dire sont puissants et « Trahison » démarre en force. On atteint le paroxysme dès les premières minutes…